Vous n’avez pas de clim chez vous ? Encaisser la chaleur n’est pas une fatalité.
Même sans climatisation, on peut tout de même faire baisser la température ressentie de plusieurs degrés chez soi, en combinant trois leviers simples : humidifier l’air ambiant, refroidir le corps par des points stratégiques, et adapter son alimentation selon les principes de fraîcheur de la médecine traditionnelle chinoise.
Voici les techniques que je recommande le plus souvent en cabinet de naturoapthie, en particulier aux personnes sensibles et stressées, pour qui la chaleur vient s’ajouter à un système nerveux déjà très sollicité.
La chaleur de la canicule n’est pas anodine pour votre corps
Lorsque les températures montent, ça n’est pas « juste » un inconfort ressentis.
C’est tout notre corps qui est sollicité car le métabolisme s’adapte à la canicule. Cela demande plus d’énergie, de régulation, plus d’adaptation. Une grande partie des inconforts ressentis sur cette période sont dûs à la facilité qu’à notre corps d’effectuer ces réglages ou non.
Amplification des douleurs et inflammations
La majorité de mes client.es observent des phénomènes comme l’amplification des inflammations (chroniques ou ponctuelles), un gonflemment abdomial et des troubles digestifs ou des maux de têtes liés à la deshydratation ou aux variations de tension.
Augmentation des troubles urinaires
Chez les femmes, il y a une fréquence accrue des infections urinaires. Ici aussi cela peut être dû à un défaut d’hydratation, mais aussi au port de maillots de bains humides sur des périodes prolongées, ou le port de vêtements trop serrés qui retiennent la transpiration.
Troubles du sommeil
La température ne baissant pas la nuit en dessous de 25°C, la chaleur perturbe l’endormissement et la qualité des cycles du sommeil. Cela génère une fatigue inhabituelle avec des réveils nauséeux qui ont du mal à passer dans la journée. Il est également possible de ressentir une irritabilité ou une baisse de la concentration au travail. C’est normal : votre corps et votre système nerveux sont en train de gérer une régulation thermique intense.
Troubles de la concentration, en particulier pendant la conduite
Ces troubles de la concentration peuvent également avoir lieu pendant la conduite en voiture : même avec la clim’, les chaleurs ressenties juste derrière les vitres et parebrises sont très intenses. La deshydratation et l’effort supplémentaire demandé au corps pour s’adapter en même temps que l’effort de concentration de la conduite sont éprouvantes. Il faut donc limiter les trajets, et faire régulièrement des pauses au delà d’une heure de trajet.
Garder ces liens en tête aide à mieux comprendre ce que l’on traverse en été, et surtout à agir en prévention plutôt qu’en réaction. C’est tout l’objet des conseils présentées ci-dessous.
📍A lire aussi :
- Pourquoi mon ventre gonfle en été ?
- Pourquoi les infections urinaires sont plus fréquentes en été ?
Humidifier son intérieur pour faire baisser la température ressentie
Lorsque la clim est absente (c’est le cas chez moi !), on ressent clairement les températures monter au cours de la journée.
Le principe le plus simple et le plus facile à mettre en oeuvre pour rafraîchir son intérieur, c’est l‘humidification.
Un air sec comme c’est le cas en France lors des épisodes de canicule, aura tendance à être plus respirable. Mais sans l’effet tampon de l’eau, il va monter rapidement en température. Pour gagner 1 à 2 degrés de moins, il suffit d’humidifier régulièrement osn intérieur. Vous pouvez par exemple :
Fermer les volets aux heures chaudes
Et passer un peu d’eau dessus (au jet ou au seau) : l’évaporation refroidit l’air qui pénètre par les interstices. En fin de journée en particulier, le béton diffuse la chaleur accumulée dans la journée. Un coup d’eau permet de « consommer » cette chaleur dans l’évaporation et de rafraichir l’air ambiant.
Mouiller le sol
Notamment le carrelage dans les pièces les plus exposées. En s’évaporant, l’eau abaisse la température de la pièce. Attention néanmoins aux chutes sur sols glisssants !
Suspendre un linge humide devant une fenêtre ouverte
Ou bien des pains de glace devant un ventilateur : l’air qui traverse le tissu humide ressort plus frais.
Planter des fleurs
Les plantes vertes bien arrosées en intérieur contribuent aussi à humidifier l’air ambiant, en complément. En extérieur, des couvertures végétales sur les murs permettent de créer des « zones tampons » : il fera moins froid en hiver et moins chaud en été. En plus, certaines espèces diffusent un merveilleux parfum lors de la floraison. Voici quelques idées : chèvre-feuille, passiflore, jasmin, vigne vierge, clématite montana, bignone …
Fermer les portes des pièces
Chaque pièce conserve ainsi son micro-climat, et l’on peut se préserver les zones les plus fraîches de la maison. Et pourquoi pas : déménager temporairement son lit là où il fait le plus frais ?
J’applique moi-même ces différents conseils et cela nous permet de gagner en moyenne 2 à 3 degrés de moins en intérieur. Ce qui n’est pas négligeable !
Appliquer du froid ciblé sur le corps
Ici aussi, il est possible d’agir même si il n’y a pas de piscine à disposition.
Il n’est pas nécessaire de refroidir tout le corps : quelques zones stratégiques suffisent à faire baisser la sensation de chaleur générale, car le sang y circule près de la surface de la peau.
- Passez de l’eau fraîche sur les poignets, la nuque, les chevilles, l’intérieur des coudes et l’arrière des genoux : ce sont des points de pulsation où le sang se refroidit efficacement avant de repartir irriguer le corps.
- Couvrez-vous d’un linge humide, en particulier au niveau du cou et du ventre. C’est très utile en particulier lorsque la chaleur devient suffocante le soir ou la nuit.
- Pour celles et ceux qui le supportent bien, une bouillotte froide (toujours enveloppée dans un linge) peut être posée quelques minutes sur la nuque, le ventre ou… sous les fesses. Très exactement à l’entre-jambes. Attention, on n’applique jamais la glace directement sur la peau : le contact direct provoque un choc thermique cutané, à l’effet inverse de celui recherché. Il peut en plus générer des brûlures de froid.
💡 A savoir : Une douche fraîche sera bien plus efficace qu’une douche froide. L’eau glacée déclenche une vasoconstriction réflexe qui favorise la montée de chaleur interne. Cela créé en quelques sorte un effet « rebond ».
Adapter son alimentation
Vous l’avez remarqué, la chaleur a tendance à impacter notre digestion, voire même à nous couper l’envie de manger. Pourtant, il est possible de réguler son énergie et sa température corporelle en adaptant un peu ce que nous consommons.
Plusieurs points sont à noter :
S’hydrater, encore et toujours !
Un point qui paraît évident en théorie, mais n’est pas toujours très bien appliqué en pratique.
Pour vous donner une idée : pour une journée en intérieur climatisé, il faut compter 2L d’eau par jour.
Si vous sortez en extérieur, ou que vous n’avez pas la clim’, vous pouvez monter jusqu’à 3L.
Et si vous faites un effort physique (par exemple une sortie de randonnée), la deshydratation peut vous coûter jusqu’à 6L d’eau sur la journée. Cela compense l’eau que vous transpirez et celle qui s’évapore avec votre respiration.
Manger frais ou à température ambiante
Contrairement à une idée reçue, ce n’est pas la température glacée qui rafraîchit le mieux : c’est la nature de l’aliment. La température idéale de consommation, pour l’eau comme pour les repas, se situe entre la température ambiante et légèrement fraîche, jamais glacée.
Choisir des aliments « rafraichissants »
On va privilégier concombre, courgette, tomate, pastèque, melon car ils sont très riches en eau : ils rafraîchissent et hydratent à la fois. Les fruits, notamment agrumes et kiwis soutiennent aussi l’hydratation. La menthe fraîche et le thé vert auront égaelment un effet rafraîchissant. Et enfin, les algues en salade, la laitue, les pousses de soja seront parfaits en accompagnement.
Je précise ici, que l’été n’est pas la meilleure période pour la consommation d’alcool : la chaleur a tendance à amplifier ses effets de désinhibition et de déshydratation. L’effet est certes plus grisant, mais certainement bien plus dangereux.
📍Pour aller plus loin sur l’alimentation estivale : Que faut-il manger pendant une canicule ?
Un point d’attention particulier pour les personnes hypersensibles
Chez les personnes hypersensibles, et plus encore en période de fatigue nerveuse, de transition hormonale ou de sortie de burnout, la chaleur ne se limite pas à un inconfort physique : elle vient s’ajouter à une charge sensorielle et nerveuse déjà élevée.
Le sommeil, souvent déjà fragile dans ces périodes, se dégrade davantage avec la chaleur, ce qui entretient un cercle difficile à rompre.
Dans ce contexte, les techniques présentées ici prennent une importance particulière : elles ne sont pas un simple confort, mais un véritable soutien au système nerveux.
Écoutez les signaux de votre corps et n’hésitez pas à alléger vos journées lorsque la chaleur pèse.
📍Si le sommeil est trop problématique, je vous invite à lire aussi : le kit de survie des nuits blanches
Prenez bien soin de vous.
Ambre
Questions fréquentes
Une eau trop glacée refroidit brutalement le système digestif, qui doit alors dépenser de l’énergie pour la réchauffer avant de pouvoir l’assimiler. Une eau à température ambiante ou légèrement fraîche hydrate tout aussi bien, sans fatiguer la digestion.
Quelques minutes suffisent, en veillant à toujours l’envelopper dans un linge et à ne jamais l’appliquer directement sur la peau. Retirez-la dès les premiers signes d’inconfort.
Les aliments riches en eau et de nature fraîche : concombre, pastèque, melon, courgette, tomate, agrumes, ainsi que la menthe et le thé vert consommés tièdes.
Oui : elle s’ajoute à une charge sensorielle et nerveuse déjà présente, et peut dégrader la qualité du sommeil, ce qui accentue la fatigue nerveuse.
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