Les réflexes archaïques sont des activations instinctives du système nerveux présents chez le nourrisson (réflexe de succion, d’aggrippement, de recul …). Ils sont normalement intégrés dans les premières années de vie, au profit de réactions comportementales plus développées.
Lors d’un stress important ou d’un trauma, ces réflexes peuvent se réactiver. Ils génèrent alors des douleurs ou des réactions insticntives de protections. Ils permettent au corps de retrouver le mode “pilotage automatique” nécessaire à la survie.
S’ils ne sont pas réintégrés et apaisés, il peuvent rester actif et devenir franchement polluants.
Je vous en dit plus dans cet épisode !
Texte de l’épisode
Qu’est-ce que les réflexes archaïques ?
Les réflexes archaïques sont des comportements automatiques présents dès la naissance. Ils s’expriment dès la vie in utero et pendant les premières années de la vie de l’enfant. Ces réflexes incluent des réactions simples comme la succion, le réflexe de Moro (réflexe de sursaut), ou encore le mouvement de se mettre à quatre pattes pour ramper.
Ces mouvements instinctifs permettent au bébé d’apprendre à interagir avec son environnement. Par exemple, un nouveau-né ne comprend pas consciemment qu’il doit respirer après l’accouchement, mais son réflexe archaïque lui permet de le faire naturellement. Il existe plus de 80 réflexes archaïques différents selon les études en neurosciences.
Ces réflexes sont essentiels à notre développement physique, émotionnel et comportemental. Ils nous permettent de réagir aux dangers, de nous nourrir, de nous déplacer et de coordonner nos mouvements. Cependant, si ces réflexes ne sont pas intégrés correctement au fur et à mesure que l’enfant grandit, cela peut entraîner des troubles comportementaux, émotionnels ou sensoriels plus tard dans la vie.
L’intégration des réflexes et leur rôle dans le burn-out
Les réflexes archaïques doivent être exprimés, maturés, puis intégrés pour laisser place à des réactions plus subtiles et adaptées. Si cela ne se fait pas correctement, des troubles tels que l’hyperactivité, des troubles de l’attention, des problèmes de coordination ou même des réactions de stress disproportionnées peuvent apparaître.
Les réflexes archaïques peuvent être réactivés en cas de stress intense ou de traumatismes émotionnels. Ils reprennent alors le contrôle de notre comportement de manière automatique. C’est pourquoi, en situation de burn-out, certains de ces réflexes peuvent s’exprimer à nouveau, influençant nos réponses au stress.
Trois réflexes archaïques majeurs en situation de burn-out
Il existe trois réflexes archaïques particulièrement impliqués dans le stress chronique et le burn-out : le réflexe de paralysie par la peur, le réflexe de Moro et le réflexe tendineux de protection.
1. Le réflexe de paralysie par la peur
Ce réflexe archaïque se manifeste lorsque l’individu se retrouve figé face à une situation perçue comme dangereuse. Cela se traduit par une incapacité à bouger ou à réagir, comme un lapin pris dans les phares d’une voiture. Ce réflexe se déclenche in utero, et si sa maturation est incomplète, il peut se réactiver plus tard, provoquant de l’anxiété, de l’insécurité et des phobies.
En situation de burn-out, ce réflexe peut empêcher la personne d’agir, de sortir de sa zone de confort ou de prendre des décisions importantes.
2. Le réflexe de Moro
Le réflexe de Moro est un réflexe de combat ou de fuite qui apparait dès la naissance. Il est souvent déclenché par un bruit soudain ou un mouvement brusque. Ce réflexe prépare le corps à réagir rapidement au danger en écartant les bras et en repliant ensuite les membres sur le corps pour se protéger. Si ce réflexe n’est pas bien intégré, il peut provoquer des excès de colère, des sautes d’humeur, une hypersensibilité émotionnelle ou un besoin excessif de contrôle.
En cas de burn-out, le réflexe de Moro est particulièrement présent, car il est associé à des situations de stress constant où l’individu est en état d’alerte perpétuelle.
3. Le réflexe tendineux de protection
Ce réflexe fait intervenir la chaîne musculaire postérieure (les muscles du dos) qui se contracte pour éloigner l’individu d’un danger potentiel. Il est également impliqué dans la préparation à la fuite ou au combat. Ce réflexe peut créer des douleurs chroniques dans le dos, au niveau des épaules et des cervicales, particulièrement en situation de stress prolongé, où le corps est constamment en tension.
Comment désamorcer ces réflexes en situation de burn-out ?
La bonne nouvelle est qu’il est possible de travailler sur ces réflexes pour les réintégrer et retrouver un fonctionnement plus adapté à notre environnement. Voici quelques exemples :
- Exercices corporels : Des exercices simples de coordination et de rééquilibrage peuvent aider à réintégrer les réflexes. Cela inclue des mouvements qui impliquent une alternance de bras et de jambes, des étirements ou des exercices de respiration.
- Massage et toucher : Le toucher thérapeutique ou le massage permettent de rassurer le corps et d’apaiser les réflexes archaïques suractivés. Le contact physique sécurisant joue un rôle clé dans l’intégration des réflexes.
- Accompagnement par des spécialistes : Il existe des praticiens spécialisés en neurotraining ou en intégration des réflexes archaïques qui peuvent proposer des exercices spécifiques pour désamorcer ces réflexes et permettre une réintégration complète.
Mon expérience personnelle avec les réflexes archaïques
Pour illustrer ces concepts, je souhaite partager mon expérience personnelle.
J’ai découvert que je n’avais pas bien intégré certains de mes réflexes archaïques. Par exemple, je n’ai pas développé correctement la coordination croisée en sautant l’étape de la marche à quatre pattes lorsque j’étais bébé. Cela m’a causé des difficultés de coordination dans mes déplacements, comme le fait de me cogner régulièrement contre les portes !
J’ai aussi vécu à plusieurs reprises le réflexe de paralysie par la peur, qui m’a complètement figée dans des situations de choc émotionnel intense. Cela se manifestait par une raideur musculaire extrême (myotonie) qui me clouait au lit pendant plusieurs jours, incapable de bouger.
Aujourd’hui, en travaillant sur l’intégration de ces réflexes avec des techniques de neurotraining et d’autres outils, j’ai réussi à désamorcer ces réponses automatiques, à réintégrer ces schémas primitifs et à mieux gérer les situations de stress.
Conclusion
Les réflexes archaïques jouent un rôle fondamental dans notre développement et peuvent être réactivés en cas de stress chronique ou de burnout.
Leur impact sur notre comportement et notre bien-être est immense, mais il est possible de les travailler pour retrouver un meilleur équilibre émotionnel et corporel.
Si vous vous sentez figé, en sursis ou en lutte constante contre le stress, il peut être utile d’explorer la piste des réflexes archaïques et de consulter un spécialiste en neurosciences ou en neurotraining pour vous accompagner.
Prenez soin de vous
Ambre V.
Merci à Dorothée DANY CHOUTEAU pour nos échanges très instructifs qui m’ont permis de réaliser cet épisode.
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A propos de l’auteur
Je suis Ambre Verdon, naturopathe et réflexologue spécialisée dans l’hypersensibilité et le burnout.
J’accompagne les personnes qui souffrent des impacts physiques de l‘anxiété et de l‘hypervigilance; que cela impacte la sphère nerveuse (migraines, hypersensibilité sensorielle), digestive (constipations, diarrhées, MAI, MICI… ), articulaire (tensions et douleurs), hormonale (SPM, infertilité) ou le sommeil. → Je prends RDV


